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Jade attendait sur la plage.
Son comportement était étrangement calme.
Dans la nuit fraiche, elle fixait la pénombre, ses pieds nus caressant le sable au rythme des vagues. L'écume blanche et mousseuse venait lui chatouiller la plante des pieds et le doux air maritime soulevait ses longs cheveux noirs.
Elle portait en tout et pour tout sur son bikini noir, une large tunique brodée d'un rose si pâle qu'il faisait ressortir son teint mat et ses grands yeux noirs.
A sou cou, pendait une longue chaine en argent sur laquelle était disposée une toute petite croix catholique qui lui arrivait à la naissance de ses seins.
Finalement, lasse de tourner en round, elle s'allongea dans le sable humide, se moquant bien de salir sa tunique.
Elle posa sa tête au sol, laissant des milliers de grains de sable s'entremêler dans ses cheveux.
Calme et posée, elle poussa un long soupir, si long que l'on aurait pu croire que le monde reposait sur ses épaules fines.
Ses paupières finirent par se fermer seules, la privant par la même occasion de la splendeur d'un ciel étoilé et sans nuages. Ainsi, elle tomba dans un lourd et profond sommeil.

C'est la voix grave de Mattéo qui la sortie de ses rêves.
Doucement, elle entrouvrit un ½il. Puis l'autre. Enfin, elle ouvrit suffisamment les deux yeux pour distinguer une ombre dans la pénombre.
Il faisait encore nuit, même si elle sentait bien que le lever du soleil n'était pas loin.

Enfin, elle songea à s'assoir et de se tourner vers ce jeune homme.
Malgré la nuit encore bien noire, elle parvenait clairement à distinguer sa beauté.
Elle réussissait non sans mal à remarquer la masse de cheveux en bataille au sommet de son crâne.
Instinctivement, elle devinait sa peau douce et ses grands yeux bleus.
L'odeur de son parfum naturel se faisait sentir, comme pour signaler la présence du garçon.
Lui était habillé – entièrement – vêtu d'un jean, de chaussures et d'une chemise ouverte de deux ou trois boutons près du col.
En silence, Jade se leva et se plaça face à lui.
A trois mètres l'un de l'autre, ils se dévisageaient – ou du moins, autant qu'ils le pouvaient – comme s'ils se découvraient depuis la première fois.
Puis, comme si le temps avait cessé, ils avancèrent l'un vers l'autre. Jade se tenait tellement près du jeune homme qu'elle aimait, qu'elle pouvait entendre sa respiration calme et posée, sentir son après rasage, et elle avait à peine à lever les yeux pour voir son visage de près.
A l'intérieur de sa tête, les pensées se bousculaient, elle était confuse et désorganisée ; elle ne savait quoi faire ou que dire.

Elle avait envie de lui hurler qu'elle le détestait, de taper son torse musclé de ses petits poings fébriles, de sentir des larmes chaudes et salées dégouliner le long de ses joues d'enfant.
Elle désirait lui faire le plus possible de mal, de le gifler, et de l'embrasser de toute son âme et son c½ur.
Ses lèvres délicates voulaient se poser sur les siennes, ses bras auraient aimé enlacer son corps chaud, passer une main derrière sa tête, l'autre dans le dos ou même plus bas.
A nouveau Jade aurait adoré pouvoir fourrer sa tête dans son cou pour sentir son odeur à en avoir la tête qui tourne.
Elle voulait à nouveau lire un « je t'aime » sincère et profond dans ses yeux.
Mais elle ne pouvait pas.



Tout à coup, le vent se leva, dans une brise fraîche, qui la fit frissonner et qui l'a ramena au monde réel.
Qui lui rappela que l'homme qu'elle avait toujours aimé l'avait quitté après trois ans d'amour fou pour une autre.
Ils restèrent longtemps à regarder le vague, tout deux occupés à leurs pensées respectives, laissant libre court à leurs souvenirs d'antan.
Quand soudain, alors que le soleil commençait à faire son apparition et que l'atmosphère semblait se réchauffer, Mattéo s'approcha un peu plus d'elle, et lui dit de sa voix rauque et virile un « au revoir » qui en disait long.
Enfin, il repartit sans se retourner, sans un regard pour celle qui lui avait fait découvrir l'Amour avec un grand « A ».
En larmes, Jade restait immobile.
Elle aurait tant voulu lui courir après, le retenir, lui dire qu'elle l'aimait, le regarder une dernière fois dans les yeux. Mais elle ne le fit pas.
A la place, elle se contenta de sangloter en silence, avant de plonger dans une eau fraîche et salée
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# Posté le mercredi 01 octobre 2008 15:54

Suite

Non seulement il faisait un froid de canard, mais en plus Jade était trempée jusqu'aux os.
Ses cheveux fins s'étaient collés à son visage et ses lèvres étaient bleues.
Grelottante, elle rentra chez elle d'un pas tangent et pas assuré.
Quelques gouttes d'eau salées étaient restées accrochées à ses longs cils noirs, se détachant délicatement à chaque fois qu'elle clignait des yeux.
Inconsciemment, elle claquait des dents à s'en décrocher la mâchoire.
Arrivée devant la porte de chez elle, elle sortit son trousseau de clés d'une main fripée par l'eau.
Enfin rentrée, elle ne pensa même pas à aller prendre une douche ou même un bain brûlant.
Non, elle se contenta juste de retirer sa tunique trempée ainsi que son maillot de bain et de se draper d'une grande serviette avant de s'assoir sur le sol froid en pierre de la cuisine.
Adossée contre la machine à laver la vaisselle, elle regroupa ses genoux contre son torse, transie de froid et se laissa pleurer de tout son soûl. A nouveau.
La tête baissée et appuyé contre ses genoux, elle sentait qu'une mare de larmes se formait sur le sol.
Mais sa vue brouillée de larmes l'empêchait de voir quoi que ce soit.
Involontairement, sa serviette glissa sur le sol mais elle n'eut pas le courage de tendre le bras pour la ramasser.
Elle se retrouvait entièrement nue, excepté sa petite croix, sur un sol dur et gelé.
Elle pleurait, encore et encore, ne retenant aucuns gémissements et étouffements qui résonnaient dans une maison vide, dénuée de toute chaleur humaine et d'amour.



Malade qu'elle en avait été durant de longues semaines.
Malade de froid, elle avait eu la crève à force de rester non couverte dans le froid. Mais malade d'amour aussi, d'un amour dont elle ne guérirait sûrement jamais. Malgré cela, les jours passaient et la vie continuait. Chaque fois qu'elle entendait une voix d'homme, virile, chaleureuse, elle se retournait, les yeux pétillants d'espoir, sans cesse aux aguets.
Mais chaque jours elle était un peu plus déçue, chaque jours elle se refermait davantage sur elle-même.
Pourtant, sa vie n'avait pas tellement changée. Elle continuait à se lever aux aurores, à découvrir chaque matin par la lucarne de sa chambre un ciel aux couleurs roses orangées au dessus de la mer bleue étincelante au soleil.
A la même heure chaque matin elle se rendait à la seule et unique petite boulangerie du village, où elle achetait le même pain chaque jours, et grignotait la mie chaude.
Elle faisait encore tout cela, mais le c½ur n'y était plus. C'est fou comme l'amour avait le pouvoir de détruire une jeune femme, pas encore tout à fait construite mais déjà totalement détruite.
Chaque jour elle allait s'assoir une journée entière contre les rochers rugueux, à contempler la mer luisante et ses bateaux.
A observer ses enfants insouciants qui jouent sur la plage. A ses mères inquiètent quand elles oublient le gouter de quatre heures.
Et surtout, à ses couples heureux qui bronzent main dans la main, sous le soleil torride de l'après-midi.
Oui, l'amour, cette chose abstraite, peut vraiment faire beaucoup de ravages dans un petit c½ur fragile.
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# Posté le mercredi 01 octobre 2008 15:53

Modifié le vendredi 03 octobre 2008 12:42

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Je me lance dans les histoires d'amour. Si, si !
Mais je ne sais absolument pas ce que ça donne.
C'est pourquoi je mettrais "L" 'histoire sur mon blog pour avoir des avis.
Elle est pas longue, mais, fin un peu quand même quoi.
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# Posté le lundi 15 septembre 2008 06:57

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My book went out

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# Posté le jeudi 11 septembre 2008 12:28

Modifié le vendredi 26 septembre 2008 14:34

Cargèse

Sea, Sex and Sun

J'ai Chaud A Cargèse .. (L)

Bon ... On va bronzer ?
Cargèse

# Posté le vendredi 29 août 2008 14:41